Jolis Jolis Monstres. <3

« N’oublie jamais qui nous sommes, Victor. Nous sommes un petit pays fou dans la doublure du monde. Bric-à-brac de bric et de broc, clandestins, cachés dans les replis des consciences. Nous devons montrer nos nuances, nos ratures, nos erreurs de la nature. Nous sommes une chose et une autre, tout et son contraire, nous sommes la perfection et ses défauts. Nous sommes des maharadjahs sans visage, alités par la fièvre ou endiablés sur le dancing. On a pas peur du grabuge et de la nuit qui s’écroule sur les toits. Les drags et les trans meurent chaque jours mais on tient bon. On passe sous les échelles en ricanant. On ouvre les parapluies et brise les miroirs. On amadoue les mauvais sorts et les chats noirs parce que nous aussi, nous ne sommes que de la chair de gouttière. »

N

Auteur : Julien Dufresne-Lamy

Editions Belfond.

Date de parution : 22 Aout 2019.

416 Pages

Prix : 18 €

Résumé :

Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter. Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme. Les plus jolis monstres du monde. Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé. 

Mon avis :

Quand tu réfléchis pendant des semaines pour avoir les bons mots pour LE livre. Parce ce qu’on ne parle pas, simplement, des Jolis jolis monstres dont Julien Dufresne-Lamy nous conte l’histoire.

Nous allons suivre James, ou plutôt Lady Prudence, drag-queen New-Yorkaise. Celle-ci va nous raconter son histoire durant les années Sida, et gommer radicalement tous les préjugés qu’on peut avoir au sujet des drag-queen. Ici, on y découvre les bals, les mères de drag, les reines des cabarets, les club kid et les stars en vogue. Plus qu’un livre sur l’univers des drag-queen, un livre sur l’humanité, la tolérance, la beauté d’un monde trop souvent jugé.

J’étais très impatiente de lire Jolis jolis monstres, je peux dire que je suis activement les parutions de Julien Dufresne-Lamy depuis ma lecture de « Les indifférents » il y a 1 an. J’avais eu un réel coup de cœur pour la manière d’écrire de cet auteur, par l’intrigue de ses romans et surtout pour la recherche de ses sujets. On sent un travail certain derrière chaque roman de Julien. Ça a été confirmé à la lecture de « Deux cigarettes dans le noir » et encore plus maintenant, après avoir lu les « Jolis jolis monstres ».

Julien n’écrit pas simplement pour écrire, il écrit pour cultiver son lecteur, le captiver aussi. C’est du moins ce que je ressens après avoir fini l’un de ses livres. Encore plus avec les jolis monstres. Je ne connaissais pas l’univers festif des cabarets de New-York et encore moins celui des drag-queen. Il faut le dire mes connaissances sur ce sujet étaient plus que limitées. Et c’est d’ailleurs l’une des raisons de mon coup de cœur.

Ça y est le mot est lâché. COUP DE CŒUR.

Et encore, il est faible. Les jolis jolis monstres font désormais partie de mes livres favoris de tous les temps et sans exagération. J’ai vraiment adoré.

Plus qu’une simple lecture, c’est une lecture enrichissante, captivante et émotionnellement chargée. J’ai pleuré, j’ai ris, j’ai frissonné, j’ai été peiné par les disparitions et heureuse des évènements positifs. Je suis passé par toutes les émotions possibles. J’ai tout ressenti. Et j’ai aimé. J’ai tellement aimé, que mon principe de ne jamais relire un livre (parce qu’à mes yeux, c’est une perte de temps) a été très clairement remis en question et supprimé de ma vie. Je pourrais, je relirais les jolis monstres. Parce que ce que j’ai ressenti durant cette lecture, j’aimerais le ressentir plus souvent.

Mis à part le petit résumé fait un peu plus haut (minuscule résumé, insignifiant), je ne peux vous en dire plus, ça reviendrait à vous gâcher le plaisir de la découverte. Car je pense que ça a été une plongée en eaux troubles pour moi. Un grand pas vers l’inconnu mais un pas tellement inspirant. Parce qu’au contraire, ici aucune crainte, pourquoi avoir peur de l’inconnu avec un si joli titre. Non, il faut y aller les yeux fermés, et il faut vraiment y aller. Parce que c’est bien plus qu’un livre, bien plus qu’une histoire. C’est un bijou, d’une beauté intrigante et enrichissante tout comme les jolis monstres dont Julien fait mention.

Je terminerais par remercier les éditions Belfond pour cette jolie parution. Et ensuite, je remercierais Julien d’embellir ma vie de lecture avec ses romans.

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