Ce que tu as fait de moi.

« L’amour est un mystère, un dictateur sans merci qui impose sa loi et lève des armées d’esclaves. »

Auteur : Karine Giebel

Editions Belfond

Date de parution : 21 Novembre 2019. 

 552 Pages

Prix : 20,90€

Résumé :

On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faux pas. Et c’est l’interminable chut. 

Aujourd’hui encore, je suis incapable d’expliquer ce qui est arrivé. Si seulement, j’avais plongé seul. 

Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui fait confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ? 

Si nous résistons à cette passion, elle nous achèvera l’un après l’autre sans aucune pitié.

Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?

Si nous ne cédons pas à cette passion, elle fera de nous des ombres gelées d’effroi et solitude. Si nous avons peur des flammes, nous succomberons à un hiver sans fin.

Mon avis

Pour celles et ceux qui me suivent sur Instagram, vous avez pu constater que cette lecture avait été un puit de douleur. Le premier tiers de ma lecture fut éprouvant, la torture psychologique et physique décrite dans cette première partie du livre avait un gout amer en bouche. C’était une torture. Qu’on se le dise, j’ai dû poser mon livre à de nombreuses reprises, tant l’horreur devenait insoutenable. Et je dois dire que venant de Karine Giebel, j’ai adoré car je savais que ça allait nous conduire à un dénouement explosif.

Ici, Karine Giebel parle d’amour, d’amour passionnel, d’amour à sens unique qui pousse à la destruction de tout ce qui nous entoure, de l’autre surtout. Le harcèlement moral et sexuel est maitre. Sans oublier cette pression psychologique que même moi en tant que lecteur, j’ai ressenti. J’en ai été particulièrement touché. Vraiment.

Richard, commandant à la DDSP, rencontre Laetitia qui devient l’un de ses « hommes » mais en la voyant pour la première fois, c’est fulgurant. Il développe alors une attirance obsessionnelle conduisant à la folie. Dès les premières pages, le lecteur sait que cette attirance n’aura pas de limite. Que cette attirance va tout ravager sur son passage. Laetitia commence alors à subir une pression psychologique importante après une faute au boulot. Et elle s’engouffre dans un engrenage qu’elle ne peut contrôler.

J’ai eu une profonde compassion pour cette jeune femme, dès le début du livre. Laetitia m’a touchée, elle et son histoire d’ailleurs. Et j’ai immédiatement diabolisé Richard. C’est ce que Karine Giebel voulait en allant si fort dans la pression psychologique. Car c’est vraiment le terme qui convient pour ce roman noir. Toutes les pièces de la trame de l’auteur s’emboitent parfaitement, offrant un mécanisme de compréhension simple et efficace. Pour raconter son histoire, l’auteur procède d’une façon différente. L’histoire n’est pas en train de se passer, elle s’est déjà déroulé. Au début du roman, nous trouvons Laetitia dans une salle d’interrogatoire avec un policier de « La police des polices » et Richard dans une autre salle avec un autre policier. L’histoire se déroule donc en forme d’interrogatoire. Il nous raconte tout depuis le début, tout en donnant quelques commentaires actuels. C’est ce qui rend la lecture agréable et surtout addictif.

Il m’a été difficile de poser ce roman pour vaquer à d’autres occupations ou simplement dormir. J’avais tellement besoin de savoir comment ça allait se terminer. Cependant la fin n’a pas été à la hauteur de mes attentes…

Sans vous spoiler, je suis déçu de cette fin. Mon ressenti globale sur cette histoire est une histoire « d’amour » dégueulasse. Et je mets le mot amour entre guillemets pour la simple et bonne raison que ça n’en est pas vraiment une. La violence, le chantage, la pression psychologique qu’exerce Richard sur Laetitia pour la posséder m’a donné envie de vomir mais la tournure finale des évènements m’a vraiment agacé.

Alors qu’aujourd’hui en 2020, les femmes se battent pour que le harcèlement sexuel dans le quotidien, au travail, dans les transports en commun cesse d’exister, Karine Giebel pousse son personnage féminin à la folie. Je le comprends d’une certaine manière car ce que vit ce personnage est insurmontable. Cependant j’espérais tellement une remontada de cette jeune femme, j’espérais voir sa détermination, sa combativité détruire Richard. Et alors que l’interrogatoire prend fin et qu’un rebondissement vient mettre un point final à toute cette histoire, l’auteur met à mal ma perception de Laetitia. Qui aura un dernier geste de désespoir et surtout de folie. On finit par voir son vrai visage derrière ce geste et j’en suis particulièrement déçu que je croyais en ce personnage, en sa force et en sa libération. Au final, les révélations mettent à mal tout ce en quoi je croyais. Et c’est ce qui me déçoit. 

Malgré une excellente lecture où l’on retrouve le travail de Karine Giebel, je n’ai pas apprécié cette fin, pas du tout même. A posteriori, le recul me laisse un gout amer de cette fin qui gâche probablement mon avis global sur ce livre.

« On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faut pas, d’une seule embardée. Ensuite, c’est la chute. L’interminable chute… »

 

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