Son vrai visage.

« Ce n’était pas l’injustice qui le stimulait le plus, c’était la rage, l’étincelle qu’elle provoquait en lui. L’attrait d’une cause toute neuve. La possibilité d’anéantir. La violence. La gloire. »

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Bad Man

« C’était la fonction essentielle de l’espoir, après tout. Anesthésier. Adoucir la réalité, la brouiller juste assez pour nous permettre de continuer à la regarder en face et à avancer, guidés par la conviction que le sol sous nos pas ne peut pas être entièrement recouvert de verre pilé. »

 

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La vraie vie.

« Ma mère, à son mariage, elle n’avait pas encore peur. Il semblait juste qu’on l’avait posée là, à côté de ce type, comme un vase. En grandissant, je me suis aussi demandé comment ces deux-là avaient conçu deux enfants. Mon frère et moi. Et j’ai très vite arrêté de me poser la question parce que la seule image qui me venait, c’était un assaut de fin de soirée sur la table de la cuisine, puant le whisky. Quelques secousses rapides, brutales, pas très consenties et voilà. »

Auteur : Adèle Dieudonné

Editions L’iconoclaste

Date de parution : 29 Août 2018.

270 Pages

Prix : 17€

Résumé :

Le Démo est un lotissement comme les autres. Ou presque. Les pavillons s alignent comme  des pierres tombales. Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et  celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère, est transparente,  amibecraintive, soumise à ses humeurs. 
Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l arrivée du marchand de glace. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant. 
 

Mon avis :

Eh bien, quelle claque. Je ne m’attendais pas à ça mais alors pas du tout. A dire vrai, je ne m’attendais à rien. Les livres beaucoup trop plébiscité à leur sortie, ont tendance à me faire peur. Ou bien à perdre tout intérêt à mes yeux. C’est d’ailleurs pour cela que je n’avais pas sauté dessus dès sa sortie.

La narratrice, une fillette de dix ans qui vit sa vie comme tout enfant, derrière elle, son petit frère de 7 ans, Gille, qui la suit partout où elle va. A la maison, une mère qui ne dis rien, ne fait rien, n’a même plus d’avis sur rien. Et pour cause, à ses côtés un mari brutal, dénué de toute intelligence mais d’une noirceur sans égal. Lorsque survient un événement particulièrement choquant pour le garçonnet de 7 ans, dès lors une seule chose obsède la fillette, sauver son petit frère. Le ramener à la vie.

« Je ne savais pas s’il existait des vies réussies, ni ce que ça pouvait signifier. Mais je savais qu’une vie sans rire, sans choix et sans amour était une vie gâchée. »

Pour un premier roman, Adèle Dieudonne manie sa plume d’une main de maître. C’est violent, sauvage même et pourtant incroyablement poétique. Chaque mot se trouve être comme une caresse ou comme un coup de poing en pleine face. Etonnamment, c’est bon. Exceptionnellement bon. Car toute cette violence dans la bouche d’une fillette de dix ans, adoucie sa brutalité ce qui rend le choix de l’auteur pour cette narratrice encore plus judicieux. Puisqu’on s’attache immanquablement, on est absorbé par la beauté de l’histoire, espérant vainement que cette fillette réussisse à construire sa DeLorean, tout en sachant que c’est impossible. 

Effectivement, c’est sombre. L’espoir n’est qu’un mot éphémère qui n’a pas sa place dans cette histoire, et pourtant, on en démord pas. On souhaite cette résilience pour cette famille qui se bat tout en se cachant. On veut que chacun grandisse, evolue. On veut cette fin heureuse. Mais peut-on réellement parler de fin heureuse dans ces cas-là ? Non, je ne crois pas. Alors on ne souhaite que la résilience. 

Un premier roman épatant qui ne fait que confirmer le talent d’Adèle Dieudonne pour l’écriture. Une autrice qu’on espère revoir très prochainement avec une second roman.

« La vie est une grande soupe dans un mixer au milieu de laquelle il faut essayer de ne pas finir déchiqueté par les lames qui vous attirent vers le fond. »

Coup de coeur. 

 

 

 

Du côté du bonheur.

« Personne ne devrait jamais avoir l’impression d’être un citoyen de seconde zone en raison de son sexe ou de son orientation sexuelle. Nous n’avons rien à craindre des homosexuels. C’est eux qui ont tout à craindre de la façon dont la société les traite et les considère. C’est de là que provient leur souffrance. C’est pour ça que leur vie est un enfer. »

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